URBIO
Comprendre la biodiversité urbaine
L’objectif scientifique général du projet URBIO est d’améliorer la compréhension du fonctionnement de la biodiversité dans les espaces urbanisés, depuis le centre-ville jusqu’à la campagne. Il est décliné en 2 axes de recherche étudiant :
- d’une part les interactions entre fonctions écologiques et structures des aires urbaines (AXE 3) ;
- d’autre part l’influence de l’urbanisation sur les processus biologiques (AXE 4) ;
tout en partageant des méthodologies et sites d’étude communs (AXE 2).
Ces axes sont répartis en sous axes qui visent à :
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Cartographier les espaces de nature en ville en lien avec les formes urbaines(sous-axe 3A)
La compréhension des liens entre fonctions écologiques et structures des aires urbaines (AXE 3) nécessite une description fine du complexe urbain.Il s’agit dans ce sous-axe de décrire la place des espaces de nature en ville et de leur contexte (formes de la ville, surfaces du sol). Les limites entre ville et campagne ne sont pas nettes, on parle alors de gradient ville-campagne pour décrire la transition progressive qui s’opère entre le centre-ville et les espaces agricoles ou naturels qui entourent la ville.
La description de ce gradient passe par la production de données cartographiques (découpage de la ville en quartiers, cartographie des espaces arborés et herbacés), et par le calcul d’indicateurs et métriques paysagère, permettant de mieux comprendre le contexte dans lequel les espaces de nature sont présents. La place de ces espaces de nature est aussi analysée : sont-ils nombreux, grands, dispersés, connectés entre eux ou isolés ? Ces données peuvent être produites à partir de données déjà existantes, ou de données nouvelles issues de l’interprétation de photographies aériennes et images satellitaires. Cette description du territoire sera mobilisée pour les autres volets du projet (écologie et climatologie) et pourra intéresser les collectivités partenaires.
- Comprendre les variation du climat en ville (sous-axe 3B)
L’objectif est d’évaluer les variations climatiques le long de ce gradient ville-campagne, ainsi que le rôle de la végétation et du bâti sur ces variations.
Des mesures régulières de température et d’humidité sont effectuées à l’aide de capteurs placés dans toute la ville, de façon régulière le long du gradient ville-campagne. A partir de ces données climatiques et des données spatiales décrivant la ville, un modèle permettra d’établir des cartes climatiques pour la ville (prévision de grandes tendances). On pourra par exemple évaluer si les températures sont plus élevées vers le centre-ville que vers la périphérie, et si la présence/absence de végétation ou la forme des bâtiments atténue ou accentue ce phénomène ? Les cartes climatiques réalisées à partir de ce modèle seront utiles pour les chercheurs qui travaillent sur les espèces animales et végétales en ville (notamment pour comprendre leur sensibilité aux variations climatiques).
- Mieux connaître la place de la biodiversité "ordinaire" dans les aires urbains (sous-axe 3C)
Il s’agit ici de mieux comprendre le rôle de l’organisation du paysage sur la biodiversité. La biodiversité ne se résume pas à des espèces rares et emblématiques, elle est également présente dans nos villes dans des espaces de nature de formes variées (parcs et jardins, friches, prairies urbaines, bois et bosquets, etc.). Nous nous intéressons ici aux espèces de milieux enherbés (plantes et oiseaux).
Des relevés floristiques et ornithologiques sur des sites choisis le long du gradient ville-campagne permettront de comparer la capacité d’accueil de biodiversité de ces différents espaces de nature en ville. Une friche urbaine abrite-t-elle plus d’espèces d’oiseaux qu’une prairie dans un quartier résidentiel proche d’exploitations agricoles ? L’influence sur ces espèces du contexte (type de quartier, position le long du gradient ville-campagne) et de la continuité des milieux herbacés (isolés ou connectés) sera également étudiée. Par exemple, la présence d’une grande diversité de plantes herbacées est-elle favorisée par l’éloignement de la ville, par la connexion entre les espaces de nature, ou par les deux ? Plus généralement, les connaissances produites pourront contribuer aux débats sur les trames vertes en ville.
